Que se cache-t-il derrière les achats compulsifs?

N’avez-vous jamais remarqué cette tendance à acheter des choses inutiles lorsque vous ne vous sentez pas bien, que vous êtes triste, fatiguée, stressée ou lorsque les événements ne prennent pas la tournure que vous aviez escomptée?

La surconsommation est un moyen de se voiler la face, de se perdre dans le dédale des objets plutôt que de chercher à lire en soi pour aller mieux…

Regardons ensemble ce qui se cache derrière les achats compulsifs. Et voyons comment y remédier.

Qu’est-ce qu’un acheteur compulsif?

Les acheteurs compulsifs sont des personnes qui ont une envie irrépressible d’acheter.

Ils sont souvent plus intéressés par la situation d’achat que par l’objet en lui-même. C’est le moment de l’achat qui est pour eux source de plaisir. Certains vont jusqu’à parler de jouissance!

Les personnes qui souffrent de cette addiction cherchent souvent dans l’acte d’achats une consolation, un apaisement à leurs angoisses, à leur mal-être, à leur mésestime de soi. Il n’est pas rare que leur petite voix intérieure leur répète sans cesse qu’elles ne valent pas grand-chose. Cette addiction peut aussi cacher une dépression latente.

Sur le coup, ils peuvent octroyer des vertus incroyables et symboliques à l’objet convoité. Mais après le court moment de plaisir euphorique provoqué par la convoitise de l’objet, viennent très vite la déception et la culpabilité une fois l’objet acquis. 🙁 S’ensuit une nouvelle quête effrénée de l’objet sauveur qui est sans fin… Il est difficile pour un acheteur compulsif de sortir de ce cercle vicieux.

Ne dit-on pas que l’on devient dépendant que de ce qui nous fait plaisir? Les accros au shopping multiplient et répètent ce comportement d’achat, car c’est dans cette activité qu’ils éprouvent le plus de plaisir dans leur vie. Dès lors, tous les moyens sont bons pour acheter. Peu à peu, ils perdent le contrôle et leur liberté. Leur dépendance au plaisir d’achats compulsifs les conduire bien souvent à excéder leurs capacités financières. Ce qui malheureusement engendre encore plus de maux dans leur vie…

Une idée reçue sur les acheteurs compulsifs

image illustrationContrairement à ce que l’on pourrait penser, les acheteurs compulsifs destinent plus souvent leurs achats à leur entourage qu’à eux-mêmes. Ainsi ils peuvent trouver une réponse à leur difficulté d’exprimer leurs sentiments. Il n’est pas rare que des patients confient que leurs parents ne leur disaient pas qu’ils les aimaient, qu’ils préféraient leur faire des cadeaux à la place. Devenus adultes, ils reproduisent ce schéma malheureusement parfois avec excès pouvant causer de grave problème économique à leur foyer. Sans compter des problèmes d’incompréhension avec leurs proches qui peuvent de leur côté leur en vouloir ou culpabiliser de ne pas pouvoir leur offrir autant de bien matériel pour exprimer leur amour en retour. Alors qu’au départ, de part et d’autre, leur véritable besoin est d’apprendre à construire une relation plus vraie, plus authentique qui ne soit pas fondée sur le don matériel, mais sur des échanges et des expériences qui laisseraient place à de beaux souvenirs remplis d’amour.

Citations pour lire en soi

“Il n’y a rien de plus essentiel que le superflu.”
Karl Lagerfeld

“Je dépense donc je suis.” Descartes (de crédit) Excusez-moi cette petite blagounette d’un auteur inconnu (?). Je n’ai pas pu résister! Je pense sincèrement que l’humour peut aider à lire en soi. Alors pourquoi s’en priver!

“Hélas, l’acheteuse développe parfois une vision biaisée: elle ne se perçoit plus comme celle qui dépense, mais comme celle qui fait toujours des économies! Certaines diraient qu’elle se donne des raisons pour s’adonner davantage au shopping. Qu’elles se retiennent un peu avant de lui jeter la première pierre… à moins bien sûr qu’il ne s’agisse d’un chic diamant hollandais!”
Claude Boutin – J’achète (trop) et j’aime ça!: êtes-vous une acheteuse intense, sensuelle ou raffinée?

“Chaque fois que j’ajoute un article, un frisson de plaisir jaillit comme une étincelle. Hélas ! Cette sensation ne dure qu’un bref instant pour céder la place aux ténèbres glacées. Je cherche alors fiévreusement autre chose. Une énorme bougie parfumée. Une crème hydratante et un gel douche Jo Malone. Un sachet de pot-pourri. Le même phénomène se reproduit : les étincelles de joie suivies de l’obscurité. L’intensité de mon excitation devient de plus en plus courte. Pourquoi le plaisir s’évanouit-il aussi vite?”
Sophie Kinsella – Confessions d’une accro du shopping

“Lundi matin, je me réveille de bonne heure, l’estomac noué. Mes yeux se posent sur les sacs empilés dans le coin de ma chambre. Je les détourne aussitôt. Je sais que j’ai dépensé trop d’argent samedi. Je n’aurais pas dû acheter deux paires de bottes, ni cette robe mauve. En tout j’ai claqué…. Autant ne pas y songer. Pense à autre chose, vite, me dis-je avec fermeté. Les deux monstres inséparables, la honte et la panique, tambourinent ma tête.”
Sophie Kinsella – Confessions d’une accro du shopping

“J’étais un exemple typique de la génération “Parce que je le vaux bien – même si c’est au-dessus de mes moyens”. Sur le moment, je m’étais dit que toutes ces dépenses étaient des investissements: si je présentais bien, je me sentirais bien dans ma peau et du coup… Du coup quoi? J’allais rencontrer l’homme de mes rêves? Décrocher une promotion?”
Marianne Power – Help me!: comment le développement personnel (n’)a (pas) changé ma vie

“J’avais vraiment du mal à adhérer à cette injonction un peu trop abstraite du “Aime-toi toi-même”, mais il y avait là-dedans une certaine vérité. (…).
Je ne me sentais jamais assez jolie, donc je dépensais de l’argent en vêtements. En dépit de toutes les promotions, je ne me sentais jamais à la hauteur dans mon boulot, donc je gaspillais l’argent que je gagnais au lieu d’en tirer fierté. Je ne voyais vraiment pas pourquoi les gens m’appréciaient, donc j’essayais de les couvrir de cadeaux. Quand je ne savais pas quoi faire d’autre, je sortais dépenser de l’argent, dans l’espoir de trouver le bonheur. Pour ne trouver, à l’arrivée, qu’un découvert encore plus profond. Mes dettes devenaient alors une bonne raison d’en rajouter dans l’autoflagellation et la haine de soi – et la spirale continuait.”
Marianne Power – Help me!: comment le développement personnel (n’)a (pas) changé ma vie

Voyons tout de suite comment passer à l’action!

 Passez à l’action!

Consultez un spécialiste

Si vous, vous êtes reconnu dans le portrait de l’acheteur compulsif invétéré avec un compte en banque proche de l’implosion, pour votre bien-être et celui de vos proches, il est recommandé de vous faire aider. Il vous en coûtera moins de consulter un spécialiste du comportement que de continuer votre fièvre acheteuse. Certes, il est souvent douloureux de voir clair en soi, mais cet état ne sera que temporaire. Pensez au bien-être retrouvé, à votre futur nouveau moi! Le travail sur soi en vaut la peine. Pendant tout ce travail, testez de nouvelles activités pour trouver celle qui vous procurera cet état de bien-être qui vous aidera à ne pas replonger (Sport, médiation, Yoga, DIY, etc.)

Sachez que les personnes qui guérissent de l’achat compulsif sont souvent nostalgiques de l’euphorie qui s’emparait d’elle lors de leurs virées shopping. Il leur faut apprendre à vivre sans et tenter de trouver d’autres sources de plaisir. Autant commencer dès maintenant à chercher pour mettre toutes les chances de votre côté.

image d'illustrationSi vous souhaitez vous débarrasser rapidement de cette dépendance, vous pouvez opter pour une thérapie comportementale et cognitive (TCC), une thérapie motivationnelle (ACT), ou encore de pleine conscience (mindfulness). En revanche, si vous préférez réfléchir de manière profonde sur le pourquoi de vos fragilités et si la thérapie à long terme ne vous fait pas peur, vous pourrez débuter une psychanalyse ou une thérapie apparentée. Vous pouvez aussi vous tourner vers un hypnothérapeute, un sophrologue, à la formation confirmée, pour vous enseigner des exercices à pratiquer vous-même en cas de crise.

Pour réussir à vaincre la fièvre acheteuse, gardez en tête que la solution est en vous. C’est votre motivation et les moyens personnels que vous allez mettre en place qui vous permettront d’en sortir.

 Piochez dans les livres – Bibliothérapie

En complément, une sélection d’ouvrages bibliothérapeutiques qui vous aideront à poursuivre votre cheminement sur la problématique des achats qu’ils soient compulsifs ou non.

Bonnes lectures et découverte de vous-même.
Sarah

Psychologie et développement personnel sur le ton de l’humour

J’achète (trop) et j’aime ça!: êtes-vous une acheteuse intense, sensuelle ou raffinée? de Claude Boutin

A travers cet essai, le psychologue Claude Boutin s’adresse à l’ensemble des acheteuses, et pas forcément les acheteuses pathologiques. 🙂
Il livre avec beaucoup d’humour ce qui se cache derrière certains achats impulsifs. Sa réflexion sur ce que sont les émotions et les sentiments lors de l’acte d’achat permet de comprendre la formation de certaines dépendances. En lisant ce livre, vous apprendrez à identifier les sentiments profonds enfouis parfois bien au fond de vos sacs. Si vous adhérez à une hygiène de vie basée sur l’estime de soi, la joie de vivre et la paix du cœur, vous ne pourrez qu’apprécier la démarche proposée par l’auteur.

Romans

La série de “L’accro du shopping” de Sophie Kinsella.

Particulièrement le tome 1: Confessions d’une accro du shopping pour en rire et prendre de la distance. Ses achats compulsifs lui créent des soucis, mais elle sait rebondir, alors pourquoi pas vous?

Résumé de la quatrième de couverture: Votre job vous ennuie à mourir? Vos amours laissent à désirer? Rien de tel qu’un peu de shopping pour se remonter le moral… C’est en tout cas la devise de Becky Bloomwood, une jolie Londonienne de vingt-cinq ans. Armée de ses cartes de crédit, la vie lui semble tout simplement magique! Chaussures, accessoires, maquillage ou fringues sublimes… rien ne peut contenir sa fièvre acheteuse, pas même son effrayant découvert. Un comble, pour une journaliste financière qui conseille ses lecteurs en matière de budget! Jusqu’au jour où, décidée à séduire Luke Brandon, un jeune et brillant businessman, Becky s’efforce de s’amender, un peu aidée, il est vrai, par son banquier, qui vient de bloquer ses comptes… Mais pourra-t-elle résister longtemps au vertige de l’achat et à l’appel vibrant des soldes?

Help me!: comment le développement personnel (n’)a (pas) changé ma vie de Marianne Power

Parmi les 12 bibles du développement personnel que Marianne Power a testé, il y a L’argent, une histoire d’amour (Money, A Love Story: Untangle Your Financial Woes and Create the Life You Really Want) de Kate Northrup, une femme née au début des années 80 qui raconte comment, à la vingtaine elle avait accumulé 20 000 dollars de dettes, et comment elle s’en était sortie. A travers cette lecture et son application, Marianne apprend à regarder ses comptes, à décortiquer ses dépenses. Découvre avec stupeur son rapport avec l’argent: “Kate dit que notre relation à l’argent est “fidèlement calquée sur celle que nous entretenons avec nous-mêmes”. Si on s’aime, affirme-t-elle, on veille sur son argent. Ceux qui ne le font pas – qui dépensent trop, s’endettent ou s’ingénient à ne jamais faire leurs comptes –, loin d’être des “esprits libres”, ces gens-là en réalité se sabotent.”

Pour connaître mon opinion générale sur ce livre, vous pouvez consulter l’épisode #2, du C’est lundi! Que lisez-vous?.

Pour profiter pleinement des bienfaits de vos lectures, je vous invite à télécharger gratuitement mon guide d’initiation à la bibliothérapie “Apprendre à lire en soi”, et à consulter l’article Comment planifier son activité de lecture?.

Si vous vous êtes reconnu à travers cet article, partagez vos trucs et astuces pour réfréner vos achats compulsifs. Hâte de vous lire! Je me permets de vous féliciter d’ores et déjà de prendre le taureau par les cornes! Bravo à vous! Continuez sur votre lancée!

Si dans votre entourage vous connaissez quelqu’un qui vous est cher et qui semble être prise de fièvre acheteuse, n’attendez pas pour aborder ce sujet avec elle. Plus il sera évoqué rapidement, plus vite votre ami(e) pourra sortir la tête de l’eau. Si vous pensez qu’il est trop difficile d’aborder ce sujet, vous pouvez partager cet article sur vos réseaux sociaux en espérant qu’il/elle se sentira concerné(e) pour avoir envie de le lire. Ou encore de lui conseiller ou de lui offrir un livre qui lui permettra de cheminer… vous pouvez aussi joindre l’utile à l’agréable : l’inviter à regarder “Confessions d’une accro du shopping” en votre charmante compagnie. 😉

Un grand merci à Louis du blog Slow World qui m’a inspiré cet article à travers son évènement inter-blogueurs consacré à “L’avenir de la surconsommation“. Si vous avez aimé ce thème, je vous invite à visiter son blog.

Autres sources

Anne Basquin, Michel Lejoyeux, “Thérapie cognitivo-comportementale des achats compulsifs”, Annales Médico-psychologiques, revue psychiatrique, Volume 170, Issue 10, décembre 2012, p. 744-747

Dervaux Alain, “Les achats compulsifs”, Perspectives Psy, 2008/1 (Vol. 47), p. 22-26.

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